L'Hypnose - Interview du Dr HASSENFORDER

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L'hypnose est utilisée aux Hôpitaux Privés de Metz afin d'améliorer le confort des patients. Le Dr HASSENFORDER, Médecin Anesthésiste-Réanimateur répond à nos questions sur cette pratique originale.

HPMetz : HYPNOSE THÉRAPEUTIQUE, EST CE LE TERME CONSACRÉ À VOTRE ACTIVITÉ ? EN QUOI CELA CONSISTE-T-IL ?

Docteur HASSENFORDER : L’hypnose est un état de conscience particulier, différent de la veille et du sommeil. Ce terme désigne aussi l’ensemble des techniques utilisées pour parvenir à cet état de conscience modifié, durant lequel un professionnel suggère à un patient des changements de sensations, de perceptions, de pensées ou de comportement.

Notre pratique de l’hypnose a un but thérapeutique, en relation directe avec nos champs de compétence : elle vise avant tout l’amélioration du confort des patients. Elle ne s’apparente, en aucun cas, à l’hypnose de foire, ou à tout autre démonstration en vue de spectacle.

hypnose imageHPMetz  : DEPUIS QUAND CETTE PRATIQUE EXISTE-T-ELLE AU SEIN D’HPMetz ?

Docteur HASSENFORDER : Suite à la formation d’un certain nombre de personnes soignantes - 17 à ce jour - la pratique de l’hypnose a, naturellement, trouvé sa place dans les services traitant la douleur (physique ou morale), l’anxiété, la dyspnée. 

Au départ, cette pratique a vu le jour en service d’Etude et de Traitement de la Douleur et dans les blocs opératoires et techniques, puis s’est étendue dans les services médicochirurgicaux, et ne demande qu’à s’étendre dans tous les services des HPMetz !

HPMetz  : L’HYPNOSE SEMBLE ÊTRE DEVENUE À «LA MODE» ...

Docteur HASSENFORDER : L’hypnose est une méthode très ancienne : la 1ère trace date de plus de 6 000 ans, en Mésopotamie, ou les Sumériens pratiquaient l’accompagnement en paroles, et décrivaient les états de transe hypnotiques (re)découverts par Charcot au XIXème siècle ! 

Successivement oubliée, blâmée, encensée, la technique s’est nommée de différentes façons : magnétisme animal, sorcellerie, somnambulisme, hystérie, hypnotisme, etc. Des noms illustres s’y sont intéressés : Mesmer, Puységur, Charcot, Bernheim, Liebault ( qui ont fondé l’école de Nancy), Freud.

L’hypnose actuelle, ou moderne, est basée sur les travaux de Milton Erickson (1901-1980), psychiatre américain, qui en fait une oeuvre de communication, de changement, d’apprentissage.

La médiatisation actuelle est, en partie, due à cette nouvelle façon de considérer le patient, qui devient un sujet plein de ressources, mais aussi le thérapeute, qui est alors un enseignant en apprentissage. 

D’autre part, elle a acquis une légitimité scientifique grâce à l’imagerie, surtout IRM, montrant une activation cérébrale spécifique de certaines zones du cortex lors de transe hypnotique. Elles peuvent être utilisées comme adjuvants d’une anésthésie locale ou locorégionale, ou bien en complément d’une sédation intra veineuse consciente permettant d’approfondir l’analgésie tout en maintenant un lien hypnotique. 

L’hypnoalanalgésie utilise l’hypnose pour prévenir et limiter la douleur lors de soins pré-, per- et post opératoires.

HPMetz  : EST-ELLE DEVENUE UNE ALTERNATIVE RÉELLE A L’ANESTHÉSIE ? hypnose conversationnelle

Docteur HASSENFORDER : L’hypnose conversationnelle peut être utilisée à tous les stades d’une hospitalisation, d’un accompagnement privilégiant la relation humaine.

L’hypnose «formelle» et l’hypnosédation sont des alternatives à l’anesthésie générale pour certains actes chirurgicaux (ORL, plastique, gynéco-obstérique, ophtalmologique, traumatologique) ou endoscopiques, pour les poses de drains, de cathéters, de sondes, etc., chez les adultes et les enfants.

HPMetz : QUELS SONT LES BÉNÉFICES POUR LES PATIENTS ? QUELS SONT LES LIMITES ?

Docteur HASSENFORDER : L’hypnose est un outil de commmunication qui vise a apporter au patient le confort avant tout ! 

Dans le traitement de la douleur et de la souffrance, c’est une thérapeutique complémentaire appuyant l’effet des autres traitements. 

Elle permet de préparer un patient avant une intervention ou avant des soins douloureux, avec des suggestions de bien être, d’analgésie, de confort... On constate alors une diminution de la douleur, des nausées et vomissements post opératoires, de l’anxiété, ayant pour corollaire une diminution des traitements médicamenteux administrés.
rôle de l'hypnose

L’hypnosédation apporte une stabilité hémodynamique, et une satisfaction du patient qui devient acteur de ses soins.

Les contre-indications sont, en premier lieu, le refus du patient ! Les problèmes psychiatriques, tels que la schizophrénie et la bipolarité, sont une deuxième contre indication, sauf si l’hypnose est pratiquée par une psychiatre.

Pour des raisons pratiques, il sera difficile de pratiquer l’hypnose avec des patients atteints de surdité, ou ayant des troubles des fonctions supérieures, ou encore ne parlant pas la même langue que le thérapeute.

HPMetz  : QUELS SONT LES LIEUX DE CONSULTATIONS ET LES CONTACTS ?

Docteur HASSENFORDER : Des consultations «HYPNOSE» ont déjà lieu dans les différents lieux géographiques constituant HPMetz :
- à l'hôpital Sainte Blandine pour les patients suivis en service Douleur,
- au sein des hôpitaux Belle-Isle et Robert Schuman, dans des bureaux de consultation dédiés ou dans les chambres pour les patients de ces sites.

L’hypnose est incluse dans les thérapies non médicamenteuses recommandées pour la prise en charge des gestes douloureux, par la fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, et par le dernier plan gouvernemental pour la prise en charge de la douleur. 

L'hypnose est un outil centré sur la communication, l’empathie, la liberté de choix et les ressources du patient. Nous ésperons que, dans un proche avenir, l’hypnose ouvre la porte de l’hôpital à d’autres formes de médecines complémentaires non médicamenteuses. 

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