Equipe Mobile de Soins Palliatifs

Le service d'Equipe Mobile de Soins Palliatifs est située au sein de : Hôpital Robert Schuman, Hôpital Belle-Isle, Hôpital Sainte-Blandine

L’équipe mobile de soins palliatifs, ou EMSP, est joignable au 03 87 34 11 94 du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00. 

C'est une équipe pluridisciplinaire composée d’un médecin, d’infirmiers et psychologues. Elle peut avoir recours à d’autres compétences telles l’assistante sociale, l’ergothérapie, etc. Comme son nom l’indique, elle est mobile. De fait, l’EMSP se déplace au lit du malade dans toutes les structures qui ont établit une convention et à domicile dans le cadre de l’Hospitalisation à Domicile.

L’intervention de l’EMSP se fait toujours avec l’accord du médecin référent du patient.

Historique

La loi de juin 1999 rend les soins palliatifs accessibles à tous les patients quel que soit le lieu de leur prise en charge (domicile, résidences, hôpital). L'Hôpital Belle-Isle crée sa première structure de soins palliatifs en 2000, l'activité débute principalement sur les deux secteurs de pneumologie. A la suite du regroupement des hôpitaux, celle-ci devient une Equipe Mobile de Soins Palliatifs - EMSP.

Missions & modes de fonctionnement

L’EMSP fonctionne sur le principe de non substitution.
 
L’équipe intervient à la demande d’un service. 
 
La demande d’intervention peut émaner du patient, de la famille, de l’équipe ou du médecin. Cependant nous demandons toujours l’accord du médecin responsable du patient. 
 
L’EMSP, après une évaluation clinique du patient, formule une proposition de prise en charge qui pourra être appliquée par le médecin responsable. 
 
L’équipe référente garde la maîtrise de ses décisions.
 
Le rôle de l’EMSP n’est pas d’imposer une vision mais d’ouvrir à une réflexion commune tout en respectant les choix du patient.

image main tient une autre mainUne mission clinique :

  • Evaluation  d’une situation clinique difficile (évaluation du patient et de son entourage si nécessaire)
  • Conseils dans la prise en charge globale (physique, relationnelle, psychique, social)
  • Concertation : aide à la réflexion éthique, discussions de cas clinique sur dossier
  • Accompagnement social (en lien avec les assistantes sociales HPMetz)

Mission de soutien :

  • Relationnel auprès des patients, de leurs proches et des équipes
  • Possibilité de suivi de deuil 

Mission de formation :

  • Développement de la démarche palliative dans les soins
  • Formation des professionnels (douleur, soins palliatifs, éthique et fin de vie)

Mission de coordination :

  • Participation à l’élaboration du projet de soin et orientation vers les différents acteurs

L'équipe

  • Dr Pierre MATHIS, qui a une capacité d’évaluation et de traitement de la douleur, un DIU de soins palliatifs, un DU lithiase urinaire, est le médecin responsable de l’EMSP. Il a aussi une activité de consultation en soins palliatifs et douleur chronique.
  • Pierre VALLE, DU de soins palliatifs, DU douleur, DIU éthique médicale
  • Géraldine CAPELLE, DU suivi de deuil,  est psychologue clinicienne référente de l’EMSP

Définir les soins palliatifs

Les soins palliatifs

  • Définition de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs www.sfap.org :

Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle.

Les soins palliatifs et l'accompagnement sont interdisciplinaires. Ils s'adressent au malade en tant que personne, à sa famille et à ses proches, à domicile ou en institution. La formation et le soutien des soignants et des bénévoles font partie de cette démarche. "

  • Définition de l’OMS de 2002 :

Les soins palliatifs cherchent à améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille, face aux conséquences d’une maladie potentiellement mortelle, par la prévention et le soulagement de la souffrance, identifiée précocement et évaluée avec précision, ainsi que le traitement de la douleur et des autres problèmes physiques, psychologiques et spirituels qui lui sont liés. 

Les soins palliatifs procurent le soulagement de la douleur et des autres symptômes gênants, soutiennent la vie et considèrent la mort comme un processus normal, n’entendent ni accélérer ni repousser la mort, intègrent les aspects psychologiques et spirituels des soins aux patients, proposent un système de soutien pour aider les patients à vivre aussi activement que possible jusqu’à la mort, offrent un système de soutien qui aide la famille à tenir pendant la maladie du patient et leur propre deuil, utilisent une approche d’équipe pour répondre aux besoins des patients et de leurs familles en y incluant si nécessaire une assistance au deuil, peuvent améliorer la qualité de vie et influencer peut-être aussi de manière positive l’évolution de la maladie, sont applicables tôt dans le décours de la maladie, en association avec d’autres traitements pouvant prolonger la vie, comme la chimiothérapie et la radiothérapie, et incluent les investigations qui sont requises afin de mieux comprendre les complications cliniques gênantes et de manière à pouvoir les prendre en charge. "

Qu'est-ce que la sédation?

Le terme sédation vient du latin « sedare » qui signifie apaiser, calmer. En médecine, ce mot recouvre plusieurs réalités ; il est en effet employé pour qualifier :
  • L’anxiolyse : apaisement de l’anxiété, c’est-à-dire d’un désarroi psychique face à une situation vécue difficilement, par des médicaments anxiolytiques
  • L’analgésie : apaisement de la sensibilité à la douleur physique par des traitements dits antalgiques
  • L’induction du sommeil : facilitation du sommeil par somnifères
Définition de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs - SFAP
« La sédation pour détresse en phase terminale est la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à la perte de conscience, dans le but de diminuer ou de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par la personne malade, alors que tous les moyens disponibles et adaptés à cette situation ont pu lui être proposés ou mis en œuvre sans permettre d’obtenir le soulagement escompté » 
 
Elle est toujours réversible.
 
Dans la pratique des soins palliatifs, les visées de la sédation peuvent être :
  • Une somnolence provoquée chez une personne qui peut être réveillée par la parole ou par tout autre stimulus simple.
  • Une perte de conscience provoquée qui peut prendre la forme : 
    • d’un coma provoqué transitoire (sédation intermittente).
    • d’un coma provoqué non transitoire (sédation prolongée).
Ce qui vaut pour l’hôpital, vaut aussi pour le domicile.

Les situations médicales

L’obstination déraisonnable

Le patient conscient peut décider que les traitements proposés ou instaurés sont de l’obstination déraisonnable. Il peut demander qu’ils soient arrêtés.
Si le patient n’est pas en capacité d’exprimer sa volonté, le médecin peut estimer qu’il y a acharnement thérapeutique et peut engager une procédure collégiale de limitation ou d’arrêt de traitement.

La décision collégiale de limitation ou d’arrêt de traitements

Un médecin peut décider ou pas d’arrêter un traitement. Pour cela il met en place une procédure collégiale dans laquelle:
  • Il associe un autre médecin qui n’a pas relation hiérarchique avec lui
  • Il doit y avoir une concertation d’équipe : IDE, Aide-soignante, etc.
  • Il recherche l’avis du patient soit par les directives anticipées ou la personne de confiance ou la famille
  • Il s’efforce de prendre la décision qui aurait était celle du patient si celui-ci avait pu le faire
Cette décision collégiale doit-être inscrite dans le dossier médical du patient.
 
Lorsque des traitements, considérés comme de l’obstination déraisonnable, sont arrêtés,
« …. le médecin, même si la souffrance du patient ne peut pas être évaluée du fait de son état cérébral, met en œuvre les traitements, notamment antalgiques et sédatifs, permettant d’accompagner la personne selon les principes et dans les conditions énoncés à l’article R. 4127-38. Il veille également à ce que l’entourage du patient soit informé de la situation et reçoive le soutien nécessaire. »

Philosophie et éthique

Les soins palliatifs considèrent la personne dans sa globalité et ne se contente pas de s’occuper d’un organe.

Soins palliatifs ne riment pas obligatoirement avec fin de vie ; ils peuvent intervenir tôt dans toutes les maladies chroniques incurables type insuffisance respiratoire chronique, maladie neurologique (sclérose en plaque ou sclérose latérale amyotrophique), insuffisance rénale chronique, ... et  toute maladie cancéreuse pour la prise en charge des symptômes pénibles. Ils s'efforcent de préserver la meilleure qualité de vie possible jusqu'au décès et proposent un soutien aux proches en deuil.  

Les soins palliatifs s’opposent à tout acte euthanasique qui va à l’encontre de l’accompagnement humain et s’opposent avec autant de force à toute obstination déraisonnable qui imposerait des souffrances inutiles. La mort reste un processus naturel inéluctable qu’il ne faut ni accélérer volontairement, ni vouloir retarder à tout prix. 

Qui peut nous contacter ?

Toute personne ayant un questionnement ou une difficulté concernant le soin palliatif peut nous contacter. Une personne malade, une famille, un membre de l’équipe soignante, un médecin. Cependant nous fixons deux pré-requis pour valider une intervention :

  • l’accord du patient si cela est possible
  • l’accord du médecin référent

Comment se déroule une intervention de l’EMSP ?

La première intervention pour l’évaluation de la situation difficile se déroule en binôme médecin/infirmier au lit du patient. Elle est suivie d’une proposition de prise en charge écrite. Libre à l’équipe médicale qui est en charge du patient d’appliquer ou non nos propositions.

Les infirmiers de l’EMSP ne font pas de soins et le médecin ne fait pas de prescription.

Il s’agit bien d’un avis extérieur consultatif.

Dans un deuxième temps la réévaluation du patient et l’accompagnement peuvent se faire par l’infirmier seul. Suite à la première évaluation, il est possible que nous proposions l’intervention de la psychologue si nous l’estimons nécessaire et avec l’accord du patient. Nous utilisons toujours la psychologue en poste dans la structure. La psychologue de l’EMSP intervient uniquement s’il n’y a aucune compétence disponible pour un patient ou dans le cadre du soutien aux équipes où elle se positionne comme thérapeute externe à l’équipe, ce qui lui confère la neutralité nécessaire.

Droits des patients en fin de vie

Tous les patients ont des droits, qu’ils soient en fin de vie ou pas. Par exemple un patient a le droit de refuser tout traitementhormis dans le cadre de l’urgence vitale.
Cependant, la loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi "Léonetti" est plus spécifique à cette période de la fin de vie.
Cette loi a permis une meilleure prise en charge en soins palliatifs en proposant un cadre plus précis :

  • Refus de l’obstination déraisonnable : Lorsque les actes médicaux « apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris. » (Article L. 1110-5 du code de la santé publique).
  • Notion de double effet : permet de privilégier le soulagement du patient aux effets secondaires des traitements en fin de vie. « Si le médecin constate qu’il ne peut soulager la souffrance d’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qu’en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie, il doit en informer le malade, …, la personne de confiance…, la famille ou, à défaut, un des proches. » (Article L. 1110-5 du code de la santé publique).
  • Procédure collégiale de limitation ou d’arrêt de traitement : permet de limiter ou d’arrêter des traitements déraisonnables lorsqu’un patient est hors d’état d’exprimer sa volonté. « Lorsque la personne est hors d’état d’exprimer sa volonté, la limitation ou l’arrêt de traitement susceptible de mettre sa vie en danger ne peut être réalisé sans avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et sans que la personne de confiance prévue à l’article L. 1111-6 ou la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne, aient été consultés. » (Article L. 1111-4 du code de la santé publique).
  • Respect de la volonté du patient : « Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, décide de limiter ou d’arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l’avoir informée des conséquences de son choix. »(Article L. 1111-10 du code de la santé publique).
  • Les directives anticipées : « Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l’arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment. » (Article L. 1111-11 du code de la santé publique). Ces directives sont valables trois ans et renouvelables. Elles doivent contenir le nom, prénom, date et lieu de naissance de la personne et peuvent rédiger sur papier libre.
  • La personne de confiance : si vous le souhaitez, vous pouvez désigner par écrit une personne de confiance lors de votre séjour à l’hôpital. Cette personne a pour rôle, si vous le désirez, de vous accompagner lors des consultations médicales et de vous aider à prendre une décision. Son rôle est aussi de témoigner de vos desideratas pour votre fin de vie si vous ne pouvez plus vous exprimer. « Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause et hors d’état d’exprimer sa volonté, a désigné une personne de confiance en application de l’article L. 1111-6, l’avis de cette dernière, sauf urgence ou impossibilité, prévaut sur tout autre avis non médical, à l’exclusion des directives anticipées, dans les décisions d’investigation, d’intervention ou de traitement prises par le médecin. » (Article L. 1111-12 du code de la santé publique).

Organisation territoriale des soins palliatifs

Les soins palliatifs sont organisés en France selon différents niveaux :

  • Les unités de soins palliatifs (USP) : service hospitalier réservé aux patients en soins palliatifs qui sont dans des situations difficiles (douleur intense, décision éthique, demande d’euthanasie, …),
  • Les lits identifiés de soins palliatifs (LISP) : permettent de valoriser une activité de soins palliatifs dans un secteur de court séjour (médecine, chirurgie,…) et de moyen séjour (SSR) qui ne font pas que du soin palliatif,
  • Les EMSP : équipes pluridisciplinaires qui se déplacent au lit du malade dans des établissements hospitaliers ou médico-sociaux conventionnés,
  • Les réseaux de soins palliatifs (Pallidum de Gorze en Moselle): équipes pluridisciplinaires qui ont pour but l’organisation et la coordination des soins palliatifs au domicile des patients.